Monsieur l’Inspecteur d’Académie
Le SNUDI-FO 31 aurait souhaité commencer sa dernière déclaration de l’année scolaire en parlant d’autre chose que de guerres. Malheureusement, les conflits n’ont jamais été aussi nombreux au niveau international depuis 1945. Le génocide se poursuit en Palestine, tandis que les colons attaquent les palestiniens en Cisjordanie, le Liban, la Syrie, l’Iran sont bombardés, occupés ou maintenus sous la menace de l’armée israélienne, ou américaine, la guerre en Ukraine se poursuit, Cuba est menacé par les Etats-Unis, au Soudan, en République Démocratique du Congo les massacres se poursuivent…aucun continent n’est épargné.
Les morts se compte déjà par milliers et les gouvernements européens, dont celui de la France, se lancent dans une surenchère guerrière en investissant toujours plus dans l’armement. La loi de programmation militaire et son actualisation, la loi Blanchet, les classes défense, les propos du général Mandon, le service national volontaire opportunément alimenté par les recalés de Parcoursup … sont autant d’éléments dont l’objectif est de préparer les esprits à la guerre. 413 milliards pour l’armée, un budget qui aura doublé entre 2017 et 2030, il ne s’agit plus d’un budget de défense mais bien d’un budget de guerre. L’actualisation de la loi de programmation militaire prévoit une rallonge de 36 milliards d’euros et dans le même temps, le premier ministre décide de retirer plus de 6 milliards d’euros supplémentaires dans le budget de l’Etat et de la Sécurité Sociale, en raison de « l’activité de nos forces armées au Moyen-Orient ». La FNEC FP-FO dénonce l’instrumentalisation par le gouvernement de la guerre pour augmenter sans fin les dépenses militaires au détriment des services publics.
Tandis que le complexe militaro industriel voit ses bénéfices exploser, il est demandé aux travailleurs de faire toujours plus d’efforts et d’accepter de perdre, en plus de leurs enfants, leurs droits aux congés maladie, au remboursement des soins et des médicaments, à la retraite, à un salaire décent avec le refus d’augmenter le point d’indice.
Dans l’Education Nationale, les économies entraînent des conséquences directes sur les conditions de travail : la vague de chaleur que nous venons de traverser en est la démonstration, les collectivités dont les budgets ont été largement amputés par l’Etat sont responsables des locaux, l’employeur lui est responsable de la sécurité des agents, y compris avec une obligation réglementaire de résultat. Il est donc de la responsabilité de l’Etat d’investir dans du matériel adapté pour permettre une ambiance thermique acceptable dans les écoles en attendant des travaux de rénovation d’ampleur. Notre fédération a évalué à 920 millions d’euros l’installation d’un système de climatisation dans les 460 000 classes françaises, c’est exactement le budget restitué au ministère par les rectorats depuis 3 ans. Le ministre a déclaré le 28 juin : « Il faut mettre en place rapidement des mesures d’équipements pour soulager les établissements le temps d’engager leur rénovation. » Le SNUDI-FO 31 demande que tous les moyens demandés par les personnels soient mis en place avant la rentrée, il est possible de trouver des milliards pour l’armée en un claquement de doigts, il doit être possible de trouver quelques millions pour les écoles et les hôpitaux.
Autres conséquences, des suppressions de postes à tous les niveaux qui entrainent des dysfonctionnements et une surcharge de travail dans les écoles comme dans les services. Ce qui explique certainement les difficultés rencontrées dans les opérations du mouvement. Pour pallier le manque d’enseignants, le SNUDI-FO 31 demande le recrutement immédiat de la liste complémentaire et son ré abondement. Les économies se traduisent également par des fermetures de classes, malgré des conditions d’exercice de plus en plus difficiles et des tensions exacerbées avec les familles, le ministère choisit de ne pas réduire les effectifs par classe. Enfin, le manque de moyens préside aux décisions concernant les demandes de temps partiels et leur quotité.
C’est de ce dernier point dont nous allons discuter lors de cette CAPD. Le SNUDI-FO 31 souhaite rappeler qu’un collègue qui demande à exercer à temps partiel, le fait pour de bonnes raisons. Pour les collègues l’objectif est de continuer à travailler tout en préservant leur santé et en limitant le nombre d’arrêts maladie. Pour le SNUDI-FO 31 tous les collègues qui en font la demande doivent pouvoir bénéficier d’un temps partiel pour mener de front leur vie professionnelle, personnelle et familiale.
Concernant la retraite progressive, les collègues qui demandent un 50 % se sont vu opposer un changement de quotité au profit d’un 78 %. Ainsi, faute de moyens, l’ouverture d’un nouveau droit (la retraite progressive à partir de 60 ans) se traduit immédiatement par une limitation de ce droit. Pour le SNUDI-FO 31 ce n’est pas acceptable.
Les conditions de travail ne cessent de se dégrader, dans un département où la semaine de 4 jours n’est toujours pas la norme, les collègues cherchent un moyen d’alléger leur semaine afin de pouvoir « tenir ». Les collègues en fin de carrière, souhaitent arriver à la retraite sans être totalement usés physiquement et mentalement. Le SNUDI-FO 31 refuse que les collègues subissent les conséquences des budgets d’austérité de ce gouvernement et de ses prédécesseurs. Il vous demande d’entendre les collègues et d’accorder l’ensemble des demandes de temps partiel, avec les quotités et les modalités souhaitées.