Pourquoi les lycéens manifestent-ils ? Que veulent-ils ?
- Des moyens : ils dénoncent le manque d’enseignants, alors que désormais les épreuves du bac s’étalent sur 2 ans (1ère et terminale) dans certains établissements il n’y a pas de professeur pour assurer les enseignements de spécialité, pour les préparer. Les élèves dénoncent aussi le manque de personnels médico-sociaux et de surveillance, alors même que le ministère communique autour du harcèlement et des VSS, il ne met pas les personnels nécessaires pour les repérer, recueillir la parole des élèves et les accompagner.
- L’allègement des effectifs : au lycée les classes de 35/36 élèves sont fréquentes. Ces conditions ne sont confortables ni pour les enseignants en termes de charge de travail et de gestion de classe, ni pour les lycéens en termes de suivi. C’est à mettre en lien avec le manque d’enseignants et les suppressions de postes.
- L’amélioration des conditions d’accueil : certains lycées sont vétustes, des vidéos de certains établissements dont les plafonds tombaient, les fenêtres ne fermaient pas et où les rats circulaient avaient tourné sur les réseaux sociaux il y a quelques mois. Si tous les lycées ne sont pas dans cet état, nombreux sont ceux où l’isolation thermique pose problème hiver comme été. L’Etat a réduit le budget des collectivités territoriales qui ont la charge de l’entretien et la rénovation des locaux, il a aussi réduit le budget qu’il avait annoncé pour la rénovation, de 50 millions (largement insuffisant) à 10 millions ! La responsabilité du gouvernement dans l’état du bâti scolaire est entière !
- L’abrogation des réformes : la reforme du Bac Blanquer, qui a explosé le groupe classe avec l’introduction des enseignements de spécialité, est un véritable casse-tête pour les emplois du temps. Résultat : des journées plus longues et des emplois du temps avec des trous.
- L’abrogation de Parcoursup : tout en plaçant les élèves dans des conditions d’apprentissage dégradées qui sont un véritable obstacle à la réussite de tous, notamment des plus fragiles qui ne peuvent bénéficier d’un accompagnement familial renforcé, on les soumet à la pression de parcoursup, véritable outil de tri social. Certains ne pourront pas accéder aux études supérieures malgré l’obtention du bac, 127 000 cette année. Une telle pression sur les épaules d’adolescents en construction est beaucoup trop forte !
Leurs revendications sont donc les mêmes que celles des enseignants : des postes, une baisse des effectifs, une amélioration des conditions d’études !
Comme pour les personnels, le gouvernement n’entend pas, ne répond à aucune demande depuis des années. Et lorsque à défaut d’interlocuteur et de réponses les lycéens organisent des blocus pour se faire entendre, le gouvernement choisit la répression tout en en faisant porter la responsabilité aux élèves eux-mêmes et à ceux qui les soutiennent.
Des élèves mineurs, des adolescents donc, qui manifestent pour leur avenir, méritent-ils d’être réprimés dans la violence ? Peut-on accepter en tant qu’enseignant, parent ou simple citoyen, que des enfants soient gravement blessés parce qu’ils ont osé demander de meilleures conditions d’études et une possibilité d’avenir ? Rien ne justifie l’utilisation disproportionnée de la force face à des jeunes désarmés. Le SNUDI-FO 31 avec sa fédération se tient aux côtés des lycéens qui portent des demandes légitimes et doivent être entendus.