Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
Mesdames et Messieurs les membres de la F3SCT 31
Nous sommes dans la période traditionnelle des vœux pour cette première F3SCT de l’année 2025, période synonyme de changement et de souhait d’une période meilleure que les années précédentes, et pourtant, si l’année change, si le gouvernement a changé, au fond rien ne change.
Tout d’abord, sur le plan international, le conflit se poursuit à Gaza et en Cisjordanie.
Selon l’ONU, le bilan dépasse les 45 000 morts, dont au moins 14 500 jeunes, et parmi les survivants, on ne compte plus le nombre d’enfants amputés. Dans les derniers jours de 2024, l’armée israélienne a pris d’assaut et détruit le dernier hôpital fonctionnel au nord de la bande de Gaza, l’hôpital Kamal Adwan, provoquant le décès de nombre de malades et de personnels hospitaliers. Le docteur Hussam Abu Safiya, directeur de cet hôpital, a été arrêté et est depuis soumis à la torture dans les geôles israéliennes. Pas plus qu’elle n’accepte la destruction d’écoles, d’établissements scolaires ou d’universités, la FNEC FP-FO n’accepte le bombardement d’hôpitaux. Pas plus qu’elle n’accepte l’arrestation de personnels enseignants, la FNEC FP-FO n’accepte l’arrestation de médecins. La FNEC FP-FO revendique la libération immédiate du docteur Hussam Abu Safiya.
Lors que nous enseignons à nos élèves les horreurs de l’holocauste pour éviter qu’elles ne se reproduisent, il serait coupable de se taire alors qu’un génocide se déroule en direct sous nos yeux. Plus que jamais, fidèles à la tradition de solidarité ouvrière, notre fédération appelle au cessez-le-feu immédiat et à la fin des livraisons d’armes.
En France aussi, rien ne change mis à part les porte noms qui vont accomplir la même besogne que leurs prédécesseurs et poursuivre la politique voulue par le président Macron. Ce même président qui a dû puiser dans ses soutiens les plus fervents, dans les personnalités politiques les plus honnies et les plus réactionnaires. Ainsi, sont d’ores et déjà annoncées 50 milliards d’économies à faire sur le dos des services publics, un budget pire que celui du gouvernement Barnier et qui a pourtant causé sa censure. Pour l’Education Nationale, le président Macron est allé chercher son ancienne première ministre, passée maîtresse dans l’utilisation du 49.3 au mépris de tout dialogue parlementaire. Aucun collègue ne croit une seule seconde, contrairement à ce qu’elle a pu écrire dans ses vœux aux personnels, qu’elle sera plus ouverte au dialogue que ses prédécesseurs. Bien au contraire, c’est une véritable volonté de mise au pas des personnels, dont les revendications ne sont pas entendues depuis 7 ans, qui se prépare. Elle a d’ores et déjà annoncé, comme Anne Genetet avant elle, que les réformes entamées allaient se poursuivre, et que si elles n’étaient pas acceptées par les personnels, c’est qu’elles n’étaient pas comprises. Quel sens du dialogue ! Quel mépris ! Au contraire, les collègues ont très bien compris l’avenir dans le métier que leur réserve le gouvernement Macron-Bayrou :
- Poursuite de la mise en place des réformes massivement rejetées par les personnels : voie professionnelle, choc des savoirs, loi Rilhac, acte 2 de l ‘école inclusive… ;
- Recrutement de personnels en berne et qui remet notamment en question les demandes légitimes d’autorisations d’absence des collègues ;
- Pas d’augmentation de salaires alors que le point d’indice est quasiment gelé depuis 2000, que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, et qu’on demande aux personnels d’assumer toujours plus de missions ;
En bref, c’est la continuité de la dégradation des conditions de travail et de vie qu’on promet aux personnels.
Et comme si cela ne suffisait pas, c’est maintenant le retour d’un projet de réforme des retraites par point/capitalisation qui pointe le bout de son nez. Pour rappel, le passage à un système de retraite universelle par points avait été mis en échec par plusieurs semaines de grève massive en 2019. Cette mesure signifierait la liquidation de tous les régimes existants et du Code des pensions civiles et militaires qui garantit notamment aux fonctionnaires d’Etat une pension calculée sur la base de 75% du montant du traitement des 6 derniers mois de carrière. En 2023, des millions de salariés ont fait grève à de nombreuses reprises, ont manifesté avec les jeunes, les retraités, à l’appel de la totalité des organisations syndicales pour le retrait de la réforme des retraites Macron-Borne qui repoussait l’âge de départ légal à 64 ans et qui augmentait le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein pour bon nombre de travailleurs. Madame Borne, alors première ministre, l’avait imposée via le 49-3 lors d’un énième déni de démocratie dont le président Macron et ses gouvernements sont coutumiers.
« Pour FO, la revendication prioritaire demeure l’abrogation de la réforme des retraites ! » a réaffirmé Frédéric Souillot, secrétaire général de FO au Premier ministre jeudi 9 janvier. C’est là notre seule revendication : ni conférence de financement, ni retraite par point. Abrogation de la réforme Macron-Borne !
Les conséquences de ces politiques impulsées nationalement se ressentent au quotidien dans les plus de 400 saisies dans les registres en santé et sécurité au travail que nous étudions dans cette instance, que nous ne cessons de dénoncer, pour qu’au final, là aussi, rien ne change ou si peu. Les problèmes liées à l’inclusion systématique et forcée, qui prive les élèves qui en ont besoin de leur droit à bénéficier d’une place en établissement social ou médico-social, le manque de recrutement de personnels de toutes les catégories, un bâti vieillissant par endroit, mal pensé à d’autres, une perte de sens du métier liée à la dégradation des conditions de travail et à un glissement insidieux des missions, des problématiques liées à la laïcité dont le dévoiement, la subversion et l’instrumentalisation aux plus hauts sommets de l’Etat cause de la défiance envers notre institution et envers ses agents, nos collègues qui doivent faire face à des menaces au quotidien.
Ce ne sont pas des vœux vides de sens qui vont améliorer les conditions de travail mais que le président Macron et son gouvernement, ou le suivant, répondent aux revendications que les personnels ne cessent d’exprimer :
- L’abandon des suppressions de postes ;
- Le recrutement immédiat et à hauteur des besoins de personnels sous statut dans les établissements ;
- Le retrait de l’Acte 2 de l’Ecole inclusive, et de l’Acte 2 du « choc des savoirs » ;
- Les créations de postes spécialisés, de PsyEN, d’AESH nécessaires à la prise en charge de tous les élèves en difficulté ou en situation de handicap, l’abandon des PIAL et de la mise en place des PAS, et l’arrêt de la logique d’inclusion systématique et forcée ;
- L’abandon de la réforme de la voie professionnelle ;
- L’abrogation de la réforme du lycée et du baccalauréat Blanquer ;
- L’abandon de la réforme de la formation initiale des enseignants et le retour à une véritable formation pour les stagiaires ;
- L’augmentation immédiate des salaires par l’augmentation significative du point d’indice (au moins 10% tout de suite et le rattrapage des 28,6% perdus depuis l’an 2000).