Déclaration du SNUDI-FO à la CAPD CFP du 28 mai 2019
Madame l’Inspectrice d’Académie,
Mesdames et Messieurs les membres de la CAPD,
La répression comme méthode de
gouvernement n’est pas digne d’un pays comme le nôtre. Nous dénonçons depuis
plusieurs mois déjà la féroce répression hebdomadaire à l’encontre des gilets
jaunes et cette violence s’élargit aujourd’hui au moindre mouvement
contestataire. Les enseignants en ont de nouveau fait les frais ! Nous
tenons à exprimer notre profonde colère concernant la manière dont sont traités
les personnels de l’éducation ces derniers temps. La loi Blanquer et son
article Ier instaurant un devoir « d’exemplarité » ne sont pas encore
passés que le droit à la liberté d’expression, à la liberté de défendre ses
revendications, pourtant garanti par le statut de fonctionnaire et le droit des
salariés est bafoué. Les intimidations et les pressions auxquelles sont
confrontés nos collègues, les arrestations arbitraires et les violences sont
injustifiables. Nous condamnons et demandons l’arrêt de la répression actuelle
qui devient la seule réponse en cas de désaccord.
M.Macron peut faire des pseudos-annonces
sur l’arrêt des fermetures d’hôpitaux et d’écoles, la vérité c’est que son
gouvernement aux ordres de la finance continue à détruire les services publics.
Il continue à attaquer les fonctionnaires et leur statut notamment avec le
projet de loi de transformation de la fonction publique et le projet de loi
Blanquer dite de l’école de la « confiance ».
C’est ce gouvernement qui voudrait
baisser le montant des retraites dès 2020 par la mise en place d’une nouvelle
décote et l’augmentation du nombre d’annuités nécessaires, tout en préparant la
retraite par point.
La casse du service public est d’actualité
certes, mais nous sommes déterminés à le défendre, à défendre l’école publique.
Les enseignants rejettent le projet de
loi Blanquer. Nous allons voir nos collègues dans les écoles et nous n’avons
pas trouvé un collègue favorable à ce projet de loi. Cette majorité dite
silencieuse ne cache pas son désaccord. Elle refuse le cadeau fait aux écoles
privées, l’attaque qui pèse contre notre école maternelle mise en concurrence
avec les jardins d’enfants. Elle refuse la remise en cause de notre droit à choisir
une pédagogie, à réfléchir, à penser et non pas seulement à exécuter. Elle
refuse les expérimentations qui remettent en cause le cadre national, les
AED-enseignants low cost, la contractualisation. Nous ne cèderons pas à cette
vision managériale de l’école, à cette vision capitaliste du monde où tout doit
être rentabilisé, contrôlé, évalué et sanctionné.
Les journées de grèves massives qui ont
eu lieu (19 mars, 4 avril, 9 mai) et les multiples initiatives (reconduction de
la grève depuis le 14 mai par de nombreux enseignants, manifestations des
gilets jaunes et des organisations syndicales avec son cortège enseignant
toujours massives le samedi, nombreuses réunions d’enseignants avec les
parents, occupations d’écoles…) le démontrent : le rejet de la politique
du gouvernement est général.
La mobilisation a imposé un premier
recul puisque M. Blanquer a annoncé que pour la mise en réseau école-collège
avec les EPSF qui présentait une attaque statutaire majeure, « la
situation n‘était pas mûre. »
Face aux contre-réformes qui demeurent,
nous cherchons tous à apporter la réponse à la question essentielle qui est
posée aux salariés, aux fonctionnaires de notre pays : que faut-il faire
pour faire céder ce gouvernement ?
Dans ces conditions, nous reste-t-il une
autre solution que la préparation et la réalisation de la grève pour bloquer le
pays et faire plier ce gouvernement sourd à nos revendications ? Il en
porte la responsabilité.
En ce qui concerne le sujet à l’ordre du
jour : la formation continue, ou ce qu’il en reste, est déjà très en deçà
des attentes règlementaires. Les congés professionnels de formation sont
insuffisants. Une vingtaine de départ pour le département, c’est trop
peu ! C’est sans parler de la formation continue dispensée tout au long de
l’année et sur temps de travail ! Au rythme actuel il semble
inenvisageable qu’un collègue puisse bénéficier de 36 semaines de formation
continue dans sa carrière. Les demandes sont importantes, l’offre est en
dessous du stricte minimum et la réquisition des BDFC dès janvier pour pallier
le manque de remplaçants marque le coup d’arrêt final des formations. Les
annonces concernant des formations à public désigné pendant les vacances sont
inacceptables.
FO revendique une
vraie formation initiale et une formation continue sur temps le temps de
travail, à la hauteur des attentes des personnels et dans le respect de la
réglementation ! Les départs en CFP doivent être facilités par
l’administration et doivent être obtenus sans attendre 4 ans ! Un
personnel formé est le signe d’un service de qualité !